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06-12-2013
Bienvenue sur le site du docteur S. S. Benharrats - Médecin spécialiste en psychiatrie . . Ce site est une modeste contribution à l'espace internet consacré à la médecine, et à la psychiatrie en particulier . . Bonne consultation ! Et n'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires et suggestions.
Actualité
La phobie de la psychiatrie
Dans "magazine de santé"

La phobie est un mot tiré du grecque "phobos" qui signifie la peur ou l’effroi : La peur de quelque chose ou de quelqu’un. A la différence de cette peur, qui est dite physiologique, ou encore normale ; la phobie est une peur qui persiste dans le temps, et elle est dite chronique, et entraîne des conséquences dans la vie socioprofessionnelle du sujet et même de son entourage.
En psychologie, la phobie est placée soit sur un objet, soit sur une situation. Etonnamment, je me suis retrouvé devant une nouvelle forme de phobie, qui est la phobie de la "psychiatrie". J’ai fait alors quelques recherches, mais malheureusement, je n’ai trouvé aucune référence qui en parle !
La psychiatrie, pour ceux qui l’ignorent encore, est une spécialité médicale comme les autres, où le médecin suit un parcours médical général classique de sept années d’études ; ensuite, il enchaîne quatre autres années d’études spécialisées ; à condition qu’il réussisse son concours de résidanat.
Cette spécialité médicale étudie les pathologies mentales et psychologiques (et croyez moi ! personne n’en est à l’abri !). Je vous épargne les détails de la formation de cette spécialité, qui n’est certainement pas l’objet de cette discussion.
Auparavant, nous pensions qu’on avait juste peur des malades mentaux. Ce qui est plus ou moins légitime. Etant donné qu’on ne comprend pas la nature de la maladie mentale, est qu’on ressent des risques liés aux comportements imprévisibles de ces malades quand ils sont dans un état de décompensation.
Mais ce que la société ne comprend pas généralement, est que ces malades deviennent des personnes quasiment normales lorsqu’ils sont bien stabilisés sous traitement, et bien pris en charge par leurs familles. Ainsi, il n’y a pas lieu d’avoir peur d’eux ; bien au contraire, il faut les respecter, et accepter leurs pathologie en leurs faisant sentir qu’ils peuvent s’intégrer dans la société sans qu’il y ait de préjudices.
Tout ceci est admissible et digérable, vu qu’on est parfois confronté à des malades mentaux déséquilibrés, imprévisibles, et même dangereux. Mais malheureusement, cette phobie, que nous pouvons qualifier de "phobie des malades mentaux"  s’est étendu, pour devenir une phobie de "la psychiatrie" allant jusqu’à craindre même le médecin traitant psychiatre.
Cette réaction n’est pas uniquement développée en dehors du domaine de la santé, mais chez nos confrères du corps médical, et principalement les médecins des autres spécialités, qui sont censés comprendre, connaître et prendre en charges les malades.
Un médecin psychiatre que je connais, a été confronté –parmi d’autres– à cette situation. Après l’obtention de son diplôme de psychiatrie, le ministère de la santé l’a affecté dans le cadre de son service civil, à une structure de proximité. En arrivant sur les lieux, il a été bien reçu autant que médecin par le personnel médical, mais dès qu’on a su qu’il est le nouveau psychiatre, l’oméga mélancolie est apparut sur leurs visages teintées d’une déception non mesurable. Au point où on lui annonce qu’on s’attendait plutôt à un pédiatre ou un pneumo-phtisiologue, mais surtout pas à un psychiatre. Et on lui a fait comprendre qu’il n’est pas du tout le bienvenu !
Et dans le but d’empêcher les consultations psychiatriques dans la structure, les prétextes ne manquent pas : manque de personnel adéquat, manque de structures, etc. Il se retrouvait alors à faire ses consultations à quelques kilomètres de son lieu d’affectation, sous la menace d’être encore réorienté à une autre structure, encore plus loin de quelques kilomètres de plus.
Cette situation nous mets face à une image caricaturale où le psychiatre se trimbale dans les structures de santé entraînant les malades mentaux agités et dangereux derrière lui, faisant fuir ainsi toute personne présumé normale ! Cependant, le psychiatre se voit comme une grenade dépourvue de sa goupille, que personne ne veut la garder chez lui par risque d’explosion, il est alors chassé par tous.

Cette nouvelle phobie peut être expliquée par le fait que l’homme, dans sa nature, a peur de tout ce que lui est inconnu. Mais ce qui est surtout vexant et désolant, est que cette phobie est développée chez les personnes qui sont censés connaître ce que c’est la psychiatrie.
Dr. S. S. Benharrats ep. Mebarki
Médecin spécialiste en psychiatrie

Oran2 EHS INESSM
Dernière modification du site: le 16-10-2017 à 20 h 00 psy.visiondz.info
Benharrats S. S. ep. Mebarki, médecin psychiatre
Maître Assistante Hospitalo-Universitaire
Faculté de Médecine (Oran, Algérie).

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