Mon enfant est malade..

Mon enfant est malade..

Chaque personne a une réaction différente vis-à-vis de la maladie en général, mais qu’est ce qu’il en est de la pathologie mentale, surtout quand celle-ci atteint un proche, un frère, ou un enfant.
La famille en général présente un certain équilibre gardé par tous ses membres sous forme de cohésion entre eux. Mais cet équilibre peut faire défaut quand l’un d’eux présente un problème notamment psychiatrique.

Certes, il ne faut pas se voiler la face, et tout simplement admettre que c’est une pathologie comme les autres, elle reste une maladie taboue dans notre société. Ce tabou qui règne dans presque toutes les sociétés du monde est souvent source d’instabilité, voir de déchirure familiale.
Grâce à ma modeste expérience, j’ai pu constater que dans notre société algérienne, la pathologie mentale quand elle atterrit chez une famille elle peut provoquer trois types de réaction :La première, est le dénie, ou la non acceptation de la maladie, au point d’arrêter toute prise en charge médicale et faire recours aux thérapies dites traditionnelles de marabouts. Et dire que c’est un état surnaturel même si ce traitement ne donne aucune réponse. Cette réaction est certainement dangereuse car cette famille a refusé d’admettre un problème qui est la pathologie mentale, qui peut être dommageable pour le malade et surtout pour sa famille. Et vous pouvez imaginer l’ampleur des dégâts que nous pouvons engendrer lorsqu’on s’éloigne de la science et de la médecine, et faire recours au charlatanisme.

La deuxième réaction produite par la famille des malades mentaux est le rejet, et la non acceptation d’un malade mental dans la famille. Cette réaction est aussi grave que le dénie. Mais je pense qu’elle est la plus extrême car les membres de la famille complotent par différents moyens à ne plus héberger, voir accueillir un malade mental dans la famille. Cette expulsion du foyer familial, va produire un SDF, qui est un problème de surplus, qui se surajoute au problème initial. Ce comportement a comme idée de base que les malades mentaux sont à la charge de l’état, qui va pouvoir les accueillir et les traiter. Alors que l’état n’est sensé faire que le traitement d’attaque qui est que le 50% de la prise en charge totale, qui se résume dans la prise en charge hospitalière. quand à la deuxième moitié, elle relève de la famille qui consiste au traitement d’entretien, à s’assurer de la bonne observance et du bon suivi thérapeutique.

La troisième réaction, consiste à accepter cette pathologie, à essayer de comprendre son comment, son pourquoi, et comment faire face à cette dernière en tentant de comprendre la nature de sa prise en charge, et surtout, en y contribuant.

Ce type de réaction a permis à des malades mentaux d’intégrer la vie professionnelle, et fonder à leurs tours des familles tout en gardant une bonne observance thérapeutique.
Toutes ces réactions précédemment citées, sont présente dans nos esprits, mais le choix pour que l’une prenne le dessus sur l’autre est parfois difficile, mais croyez moi, la troisième réaction est la bonne pour soi et pour l’autre. Parce qu’on pourra vivre en paie avec notre âme est conscience. Surtout en se disant que sa pourrait être moi, le malade mentale. Et certainement, je souhaiterai qu’on m’aide, qu’on me traite, et qu’on m’aime, comme on m’a toujours aimé avant que je devienne malade. En d’autre part, il ne faut jamais nier que ce malade, qui est un membre de ma famille, mon père, ma mère, mon fils, était peut être avant l’apparition de sa pathologie « normal », et qui peut l’être toujours si on l’aide en lui donnant le soutien, la compassion, la disponibilité et surtout l’amour qui est déjà une grande part de sa prise en charge. Cette nouvelle phobie peut être expliquée par le fait que l’homme, dans sa nature, a peur de tout ce que lui est inconnu. Mais ce qui est surtout vexant et désolant, est que cette phobie est développée chez les personnes qui sont censés connaître ce que c’est la psychiatrie.

La rédactrice